Les mammifères

Les mammifères aquatiques

Les mammifères aquatiques ne sont pas les seuls mammifères fréquentant notre village. Les Taupes se font maudire par les jardiniers, les Lapins s’ébattent joyeusement dans les Pâtures, le Chevreuil n’hésite pas à longer la Patache le matin à l’heure où tout le monde dort encore, le Renard s’aventure jusqu’au coeur du village, exceptionnellement un Cerf traverse la Loire venant de Sologne pour rejoindre la forêt d’Orléans, les Chauves-souris peuplent le bord de Loire dès que la nuit tombe ... il serait fastidieux de tous les nommer.

Mais ce sont les mammifères aquatiques qui sont peut-être les plus représentatifs de la faune mammalogique de Combleux. Ils sont au nombre de 4 : le Campagnol amphibie, le Rat musqué, le Ragondin et le Castor.

 

 Le Campagnol amphibie

Campagnol amphibie

Le plus petit de tous, le Campagnol amphibie ne dépasse pas 15 à 20 cm auxquels s’ajoute une queue d’une douzaine de centimètres. Comme les autres mammifères aquatiques, il creuse son terrier dans les berges. Animal nocturne, il semble à tel point se raréfier qu’une grande étude nationale vient d’être lancée afin de mieux le connaître.

 

Le Rat musqué

Rat musqué

Un peu plus gros, le Rat musqué peut atteindre les 40 cm avec une queue de 25 cm, comprimée verticalement. Originaire d’Amérique du nord, il a été introduit en 1905 en Tchécoslovaquie à partir de laquelle il colonisa toute l’Europe et notamment la France vers les années 1920-1930 en s’échappant des élevages.
Essentiellement végétarien, il semble toutefois faire preuve d’opportunisme en consommant autre chose que des végétaux. Sur la Loire, il semble se raréfier beaucoup et il est aujourd’hui assez difficile de l’observer.

 

Le Ragondin

Le Ragondin

Le Ragondin est lui originaire d’Amérique du sud. Il a été introduit en France pour sa fourrure à la fin du XXe siècle et en s’échappant des élévages a colonisé tout le pays. Beaucoup plus gros puisque qu’il peut atteindre 60 cm avec une queue ronde de 30 à 45 cm, il semble avoir trouvé dans la Loire, le canal ou les cours d’eau comme la Bionne des milieux parfaitement adaptés à ses exigences de vie, à tel point qu’il y prolifère et pose de sérieux problèmes en creusant dans les berges de nombreux terriers. Pourchassé de partout, seul le froid semble efficace pour limiter ses populations.

 

Le Castor

le Castor

Mais c’est bien sûr le Castor qui retiendra toute notre attention. Animal éminemment sympathique, il a falli disparaître de France au début du XXe siècle et c’est grâce à la passion de quelques naturalistes du sud de la France qu’il a pu être sauvé et protégé, tout d’abord dans 3 départements, puis sur l’ensemble du territoire en 1976.

le Castor

Il y a bien des siècles, le Castor, alors appelé Bièvre, habitait toute la région Centre comme le rappelle certains noms : Lamotte-Beuvron, le Beuvron, la Bièvre en région parisienne ... Il a fallu attendre 1973 pour voir le Castor réapparaître en région Centre, plus précisément sur la Loire en amont de Blois, grâce à un lâcher de 13 animaux, effectué par la Société pour l’Etude et la Protection de la Nature du Loir-et-Cher. A partir de ces quelques animaux, l’ensemble de la Loire a été colonisé depuis Nantes jusqu’au barrage de Villerest, dans le département de la loire.

La population du département du Loiret est bien suivie par les associations naturalistes et progresse régulièrement d’année en année. Le dernier recensement fait état de plus de 60 familles dans notre département. La progression est encore importante mais si l’on considère le caractère très territorial de l’animal, on peut supposer que dans peu de temps le maximum sera atteint car il n’existera plus de territoire libre pour les jeunes adultes voulant s’installer.

En effet, même si le Castor n’hésite pas à s’installer près des hommes, voire même en plein coeur des villes (Orléans, Blois, Tours ...) il a besoin d’un territoire important (plusieurs kilomètres de rives) et ne tolère aucune intrusion dans son domaine d’un autre Castor. Il a aussi besoin de berges hautes pour creuser son terrier et d’une importante réserve de saules et de peupliers pour sa nourriture.

Une famille est installée sur la grande île de Combleux depuis plusieurs décennies. L’emplacement du terrier change parfois suite à la modification de la configuration des îlots mais l’animal demeure fidèle à ces lieux. Une autre famille se situe en aval, sur la rive gauche de la Loire, sur Saint-Denis-en-val. A l’amont, depuis quelques années un ou plusieurs animaux tentent de s’installer sur Chécy en lisière des Pâture, mais aujourd’hui, le territoire ne semble pas stabilisé.

Voir un Castor est très difficile car c’est un animal nocture qui se déplace silencieusement le long des rives boisées pour apparaître toujours où on ne l’attend pas. Cependant il est très facile de constater sa présence en notant toutes sortes d’indices (que l’on nomme «symptômes» dans le jargon naturaliste) : coupes diverses, dépôt de castoréum (marquage du territoire), réfectoires où l’animal mange à moitié dans l’eau, griffure ou écorcage des arbres ... Avec un peu de chance, le terrier pourra être découvert grâce à sa cheminée permettant l’aération de la chambre. Si la berge est friable, à la suite d’une crue, l’entrée du terrier endommagé sera recouvert d’un amas de branchages et deviendra alors un terrier-hutte dans lequel l’animal creusera un couloir pour atteindre sa chambre restant, elle, bien au sec dans la berge.

 

Quelques « symptômes du Castor »

Quelques symptômes du Castor

Quelques symptômes du Castor

Quelques symptômes du Castor